Nos terroirs

Grand Cru Bruderthal

Le terroir. Notion complexe, équation entre un sol et un climat. Il est avant tout une parcelle, un bout de terrain, façonné par l’homme. Nous n’exploitons pas la terre : nous entretenons un paysage.

Nous avons à cœur aujourd’hui de définir le terroir comme une particularité propre à notre vignoble. Une particularité, berceau de nos cépages. S’ils sont au nombre de 7 en Alsace, c’est essentiellement lié à la complexité de notre géologie, résultant de l’ouverture du fossé rhénan il y a 35 millions d’années.

Cet évènement a occasionné la formation de la chaîne des Vosges d’un côté, de la Forêt Noire de l’autre. Au pied des Vosges subsistent les collines sous-vosgiennes, lieu d’épanouissement de nos vignobles. Sa géologie complexe laisse entrevoir une mosaïque de sols dans toute l’Alsace, avec plus de 800 entités différenciées.

Le vignoble de Molsheim n’échappe pas à cette particularité et dispose à lui seul de plusieurs entités. Les deux substrats (ou roche-mère) prédominants seront calcaire ou marneux, suivant notamment un gradient d’altitude. Ces nuances ont déjà été remarquées par les premiers vignerons de la ville et plus encore par les différents ordres religieux ayant occupé la cité Bugatti. Des lieux-dits ont alors été délimités et nommés. Ils mettaient ainsi en avant des terroirs, déjà réputés à l’époque, encore revendiqués aujourd’hui.

Le domaine visant à produire des vins de terroir, nous sommes fiers aujourd’hui de cultiver la vigne sur de nombreux lieux-dits, dont un grand cru classé officiellement. Nous sommes convaincus que chaque cépage s’épanouit sur un terroir précis. C’est pourquoi nous avons pour volonté de maintenir une viticulture dite de monocépage pour exprimer au mieux la subtilité de la relation sol / climat.

 

Grand Cru Bruderthal

Le Bruderthal en hiber

Le Bruderthal sous les flocons

Traduit littéralement par « Vallée des Frères », le Bruderthal tient son nom des frères monastiques qui, dès le XIVème siècle cultivaient ce jardin délicieux. Précurseurs, ils avaient saisi l’importance qualitative de ce secteur d’à peine plus de 18 hectares, ce qui amena les Hospices de Strasbourg à y acquérir des parcelles vers le XVème siècle.

D’orientation sud, sud-est, en plein cœur du ban viticole molshémien, la pente de ces parcelles est moyenne, avec une altitude comprise entre 235 et 300 m, le situant en milieu de coteau. Le substrat, du calcaire dur, est dénommé Muschelkalk. Les sols de ces parcelles sont peu à moyennement profonds, allant de 40 à 70 cm. Bien qu’argileux (supérieur à 30%), ce sont des sols très caillouteux, comprenant un taux de calcaire actif élevé, qui se réchauffent rapidement.

Vue depuis le Bruderthal

Ce type de sol influe directement sur le comportement de la vigne : pauvre en matière organique, les rendements excédent rarement 40 à 45 hL/ha. Ce sont également des terroirs disposant d’une faible réserve utile en eau en surface, ce qui oblige les racines à trouver de la fraîcheur en profondeur et à profiter des failles de la roche-mère pour s’infiltrer. Cette particularité leur permet de très bien se comporter lors d’été chauds et secs, assurant une maturation lente et régulière.

Plus encore que les divers terroirs de Molsheim, le Bruderthal produit des vins d’une longévité étonnante. Celle-ci peut être imputée à la pureté de son calcaire, conférant aux vins une fraîcheur remarquable, même dans des millésimes plus caniculaires. Le Riesling, le Pinot gris et le Gewurztraminer y excellent tous trois. Ils sont par ailleurs représentés par des surfaces plantées quasi équivalentes. On leur retrouve des caractéristiques uniques : une salinité remarquable couplée à des notes épicées.

Ces vins méritent d’être gardés un minimum de 5 ans à partir de leur date de récolte pour s’ouvrir. Ils seront pleinement épanouis entre 10 et 15 ans, pouvant encore se bonifier après ces dates.

 

Lieu-dit Hahnenberg 

Vue sur le Hahnenberg de Molsheim

Le Hahnenberg de Molsheim

Le Hahnenberg, que l’on peut traduire par « Mont des coqs », tiendrait son nom de la réelle difficulté de mise en culture de ces terres : ne pouvant rien y faire pousser, il était plus rentable de les laisser en pâtures.

Le mérite d’y faire pousser de la vigne revient cependant aux moines chartreux, très présents à Molsheim, qui avait même fait le parti de construire une cave en contrebas de la parcelle. Cette audace a permis à la commune de Molsheim de rapidement faire valoir ses vins en Alsace et plus encore en Europe. Réputé pour produire des vins de dentelle, ce terroir fait valoir ses lettres de noblesse sur les plus grandes tables.

Situé au nord du ban viticole de Molsheim, ce lieu-dit se situe entre 220 et 270 mètres d’altitude pour une surface globale de 16 hectares. Il bénéficie d’un excellent ensoleillement lié à son exposition sud-est et ses pentes fortes à très fortes.

Les parcelles occupant ce lieu-dit font état d’une géologie remarquable, rare en Alsace. On observe ici des Rendzines, caractérisées par des sols extrêmement courts, allant de vingt à une trentaine de cm à peine. Très caillouteux, ces sols ne doivent qu’à leur concentration d’argile élevée de permettre une viticulture. La réserve hydro-azotée y est plus faible encore qu’ailleurs dans le vignoble, obligeant la vigne à fournir d’importants efforts pour développer son système racinaire, au détriment de la quantité de raisins. Le substrat se compose également de calcaire dur de type Muschelkalk.

Feuille de vigne sur le Hahnenberg

Le Hahnenberg en automne

Les rendements sont par conséquent naturellement faibles, de l’ordre de 40 à 50 hL par hectare. Situé en hauteur, ce terroir venteux est tardif. Les vendanges n’interviennent de manière générale qu’une à deux semaines après le reste du domaine.

Les vins issus de ce lieu-dit sont cristallins, ciselés. Ils sont aptes à conserver leur fraîcheur de longues années et il est préférable de leur laisser quelques années de garde avant de les servir. Produisant une grande majorité de vins secs, ce terroir est un parfait allié de la gastronomie.

 

Lieu-dit Seiler

Vue du lieu-dit Seiler

Lieu-dit Seiler

L’origine du nom « Seiler » (« Unterer Seiler » sur le plan cadastral), pour le cordier, est aujourd’hui relativement floue. Il se pourrait que ce lieu-dit ait servi à produire du chanvre : matière première indispensable au travail des cordiers. Cette hypothèse serait plausible quand on connaît la préférence du chanvre pour des sols légers, ressuyant et se réchauffant rapidement.

Ce maigre lieu-dit, dont on ne recense que 2,8 hectares, se situe en contrebas du Bruderthal, dans la partie centrale du ban viticole de Molsheim entre 200 et 240m d’altitude. Il bénéficie de la même orientation sud, sud-est que lui, avec toutefois des pentes plus modérées.

Grappe de Pinot noir au Seiler

Lieu-dit Seiler

D’un point de vue géologique, le Seiler se rapproche du Bruderthal, avec un Muschelkalk en profondeur. C’est plus en surface que vont se jouer les nuances quant au grand cru. Situé plus bas, la parcelle du Seiler a hérité d’un sol plus profond, plus riche, grâce à ses argiles granulométriques.

Sa situation climatique est tout aussi intéressante. Enclavée dans un thalweg, les extrêmes thermiques seront plus marqués : il y fera plus chaud lors de la journée et généralement plus frais dans la nuit.

L’ensemble de ces facteurs nous ont amené à la planter en Pinot noir. La qualité de ce sol, combiné aux fluctuations thermiques permettent une excellente maturation aromatique et phénolique.

Ce terroir confère richesse, puissance et finesse aromatique aux vins qui en proviennent, notamment pour les vins rouges qui supporteront aisément une garde d’une dizaine d’années, bien que très gouleyants jeunes.

 

Lieu-dit Leimen

Lieu-dit Leimen

Lieu-dit Leimen

« Leimen » se traduit littéralement de l’allemand par « argile ». Il semble acquis que les premières personnes à cultiver ce terroir aient remarqué la texture de ce sol, très fortement argileux.

Ce lieu-dit, étendu sur 13,5 hectares, d’une pente moyenne à faible, avec une altitude oscillant entre 260 et 300 mètres surplombe Molsheim par son versant sud-est, est. On le retrouve plus au sud par rapport au ban viticole.

Vieille vigne au lieu-dit Leimen

Vieille vigne au lieu-dit Leimen

C’est cette position qui a fortement contribué à la formation de son terroir. Les argiles que l’on retrouve très présentes à la surface proviendraient de la dégradation des marnes, que l’on retrouve à des profondeurs variant entre 50 jusqu’à 80 cm dans certaines parcelles.

Riche en matière organique, c’est le régime hydrique de ce type de sol, argilo-marneux qui confère toute l’expression qualitative de la vigne. La couche de marnes dans le sous-sol le rend totalement imperméable dès lors que les précipitations deviennent importantes. Cela se traduit par la résurgence de sources plus en aval en hiver. Au contraire, l’assèchement progressif de cette couche en été laisse des failles qu’exploitent les racines de la vigne. Si toutefois l’été ou l’automne venaient à être pluvieux, la couche de marnes regonflerait. Ceci limite l’absorption d’eau par les racines développées en été, permettant ainsi de préserver le potentiel qualitatif de la vendange.

Cette dynamique d’assèchement particulière permet à ce terroir d’apporter beaucoup de rondeur, de suavité et de longueur aux vins qui en sont issus. Ils sont généralement très faciles à déguster jeunes, bien que possédant un potentiel de garde de 7 à 10 ans.

 

Lieu-dit Pfann – Schaefferstein

Parcelle du lieu-dit Pfann

Vue sur l’église des Jésuites du lieu-dit Pfann

Le mot « Pfann » possède des traductions aux sens multiples : poêle, four à chaux ou encore saline. L’origine de la dénomination de ce quasi-monopole de moins de 2 hectares reste encore très floue.

Jadis cultivé par les Jésuites, cette parcelle fait partie d’une entité étendue de moins d’une dizaine d’hectares : le Schaefferstein. On retrouve ce lieu-dit sur une altitude entre 200 et 240 mètres. Il jouit d’une exposition sud, sud-est, sur des pentes moyennes. Sa situation par rapport au ban viticole est très centrale : seul un petit val le sépare du Bruderthal.

Vue du lieu-dit Pfann

Lieu-dit Pfann

A l’instar du Leimen, le sous-sol du Schaefferstein est marneux. Il se distingue cependant par son sol. Beaucoup plus maigre, celui-ci n’est épais que de 30 à 50 cm. Il se serait formé à partir de colluvions, très drainants. Cela permet une infiltration aisée de l’eau, qui se retrouvera cependant rapidement bloquée sur la couche de marnes, hermétique, située plus en profondeur. Il n’est pas rare de voir alors de sources resurgir lors de fortes pluies, en aval de la parcelle, là où les marnes affleurent.

Ce terroir développe tout son potentiel qualitatif par la contrainte exercée sur le développement racinaire de la vigne. Celle-ci devra débaucher beaucoup d’énergie annuellement pour créer de nouvelles racines au printemps : les anciennes étant en partie écrasées lors du gonflement des argiles dans les marnes en hiver. Ainsi, l’énergie et le carbone dirigés vers la production de racines limite fortement la fertilité des vignes plantées sur ces parcelles, laissant pleinement s’exprimer la notion de terroir.

Les vins qui en sont issus développent un bouquet aromatique porté par des fruits à chair jaune, très expressif. Ce terroir apporte rondeur et longueur en bouche, pour produire des vins amples qui s’apprécient aussi bien jeunes qu’après une dizaine d’années.

 

Lieu-dit Holderhurst

Lieu-dit Holderhurst

Vue sur le lieu-dit Holderhurst

« Holder » proviendrait de l’allemand « Holler » (le sureau). La « Holderhurst » se traduirait donc par « bosquet des sureaux ».

On peut rapidement comprendre le nom de ce lieu-dit lorsque l’on connaît la préférence du sureau de pousser sur des sols calcaires, supportant aussi bien humidité que sécheresse.

Situé le plus au sud de notre parcellaire, sur le ban viticole de Mutzig, la Holderhurst s’étend sur 12,5 hectares, entre 210 et 230 mètres d’altitude, exposé au sud.

La terre, malléable, riche est ici très argileuse. Portée par des éboulis calcaire liés à des marnes, la Holderhurst forge une double caractéristique : son sol retient aisément de nombreux minéraux ainsi que de l’humidité, favorisant une croissance rapide en été. Cependant, dès qu’une période de sécheresse est amorcée, la vigne peine à trouver de nouvelles réserves hydriques dans les premières couches du sous-sol ce qui contraindra le développement végétatif d’une vigne qui consacrera alors ses ressources à la maturation des raisins.

Lieu-dit Holderhurst

Lieu-dit Holderhurst

Le résultat gustatif se retrouve rapidement en fût, puis dans le verre : les vins qui en sont issus sont très fruités, délicats. Ces vins, très généreux s’ouvrent rapidement à la dégustation, malgré leur potentiel de garde pouvant dépasser la dizaine d’années.